Lettre de Nicolas SARKOZY au peuple Français

Mes chers compatriotes,

Il n’est rien de plus beau en démocratie que l’amour de son pays dont témoigne chaque bulletin de vote glissé dans l’urne le jour d’une élection. C’est avec l’amour de la France gravé au plus profond de votre cœur que vous vous rendrez dans les bureaux de vote les 22 avril et 6 mai prochains, conscients de l’importance de votre choix. C’est avec ce même amour de la France chevillé au corps que je veux vous parler de ma vision de l’avenir de notre pays, des défis qu’il doit à mon sens relever, et de la manière dont il peut réussir à le faire.
Je veux m’adresser à vous sans aucun intermédiaire.

Quelques jours avant l’élection, je veux m’adresser à chacun de vous. Je veux le faire le plus directement possible, sans aucun intermédiaire. Je veux le faire par écrit, car l’écrit demeure, l’écrit engage.

A l’heure de la domination de l’image, de la surinformation permanente, de la communication instantanée, j’ai voulu prendre le temps d’écrire cette lettre avec l’espérance que vous prendrez le temps de la lire. Je veux vous parler de convictions et de valeurs. Je veux vous dire ce que m’ont appris de la France, de l’Europe et du monde, ces cinq années d’une grande intensité à la tête de notre pays. Je veux vous indiquer la direction dans laquelle je mettrai toute mon énergie à le conduire si vous m’accordez votre confiance. Je veux partager avec vous une vision de la France et de son avenir.

Un monde nouveau est en train de naître.

J’ai longuement réfléchi avant de prendre la décision de me présenter à l’élection présidentielle. J’ai conscience de l’honneur que vous m’avez déjà fait en m’accordant vos suffrages en mai 2007. Je sais la détermination, l’imagination, l’engagement de chaque instant qu’exige l’exercice de cette fonction. Agir est la seule justification de l’engagement politique. Me présenter à nouveau n’avait donc de sens à mes yeux que pour vous proposer un projet que je crois nécessaire à notre pays et susceptible de vous rassembler.

Ce qui a le plus compté dans ma décision est la complexité de la situation que connaissent aujourd’hui simultanément le monde, l’Europe, et, bien sûr, la France. Jamais sans doute, depuis la Seconde Guerre mondiale, notre pays en particulier, et le monde occidental en général, n’ont eu autant de défis à relever au même moment.

Pendant des siècles, et jusqu’à encore récemment, l’Occident a dominé le monde sur les plans politique, économique, culturel, intellectuel. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Des puissances nouvelles ont émergé qui pèsent autant que nous, et parfois davantage.

Pendant des siècles, le sort de notre pays a dépendu pour l’essentiel des choix que nous faisions nous-mêmes, chez nous. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. La grande leçon des crises qui n’ont cessé de se succéder depuis 2008 est que notre avenir se joue chaque jour autant à l’autre bout du monde qu’ici en France.

Un monde ancien disparaît, un monde nouveau est en train de naître dont nous ne discernons pas encore les contours. Nous pouvons choisir de laisser ce monde décider à notre place. Ou nous pouvons choisir de rester maître de notre destin.

Je crois en la France. Je crois dans son talent. Je crois dans son histoire singulière. Je crois dans son génie. La France est une nation qui peut tout à la fois se réclamer d’une identité vieille de plusieurs siècles et continuer à pouvoir prétendre jouer un rôle dans le nouvel ordre mondial. Elle peut rester un pays libre et souverain. Elle peut préserver ses valeurs, son identité, son mode de vie. Mais si nous voulons continuer à faire vivre cette France que nous aimons, il nous faut reconstruire, redéfinir, réinventer nos politiques, sans rien ignorer des difficultés de la tâche et de l’ampleur des enjeux.

Dans ce monde nouveau, si la France ne veut pas subir, la France doit être forte : forte pour garder la maîtrise de son destin, forte pour agir et pour peser, forte pour donner sa chance à sa jeunesse, forte pour permettre à chacun de vous de garder la maîtrise de sa vie. Je sais que c’est possible. Je veux vous en convaincre.

http://www.lafranceforte.fr/lettreauxfrancais/

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Ensemble pour la réussite de nos territoires : DISCOURS DE NICOLAS SARKOZY à Montpellier – Jeudi 29 mars 2012 Devant le Congrès de la FNSEA à Montpellier

DISCOURS DE NICOLAS SARKOZY 

Congrès « Ensemble pour la réussite de nos territoires »

Montpellier  – Jeudi 29 mars 2012

Mesdames et Messieurs les Présidents,

Mesdames et Messieurs,

La France, vous le savez bien, c’est d’abord et avant tout une incroyable diversité de territoires, de provinces, de pays et de paysages.

Ces paysages ruraux nous ont été légués par la longue chaîne de nos ancêtres, qui ont aimé et travaillé cette terre.

Ces paysages sont aujourd’hui le cadre de vie de cette France rurale qui ne se confond pas tout à fait avec la France agricole même si la vie de ces deux Frances reste étroitement liée.

Dans un monde où les grandes villes ont cessé d’attirer les populations des campagnes mais où les citadins cherchent désormais à quitter les villes, la ruralité est devenue un enjeu autant économique que social. Nous devons assurer la compétitivité des territoires ruraux et de notre agriculture tout en accompagnant le repeuplement de nos campagnes.

C’est un enjeu essentiel pour les décennies à venir.

Mais une chose doit être d’abord affirmée. Il n’y aura jamais de campagne sans paysans et pour dire les choses plus clairement encore, je n’envisage pas la France sans son agriculture.

Nos agriculteurs n’ont pas vocation à devenir les jardiniers d’une France touristique, ils doivent continuer à faire ce qu’ils font depuis toujours : travailler et produire pour nourrir les hommes. Travailler cela veut dire vivre de son travail. C’est donc exactement le contraire de ce statut d’assistés auxquels certains candidats à l’élection présidentielle souhaiteraient vous réduire.

En faisant pour notre pays mais, aussi pour notre agriculture, le choix de la compétitivité, j’ai fait le choix de l’emploi et donc de la croissance.

Ce choix, c’est le fil conducteur des réformes structurelles que j’ai engagées depuis cinq ans comme la réforme de la taxe professionnelle, du crédit impôt recherche, ou encore aujourd’hui la mise en place d’une « TVA anti délocalisation », qui représente une réduction sans précédent des charges pesant sur nos entreprises et sur les exploitations agricoles.

Demain, si les Français me font à nouveau confiance, je souhaite que nos agriculteurs, pour lesquels j’avais déjà ramené, en 2010, le coût du travail occasionnel de 13 à 9 euros de l’heure, puissent bénéficier de l’allègement supplémentaire de charges correspondant à la suppression des cotisations familiales. Cela représenterait une diminution de charges de 443 millions d’euros pour toutes les entreprises relevant de la mutualité sociale agricole.

C’est pourquoi je m’engage devant vous à défendre à Bruxelles l’extension de cette mesure aux exploitants agricoles, au regard des conditions particulières dans lesquelles ils exercent leur activité.

La compétitivité de notre économie doit constituer une priorité absolue.

C’est pourquoi je poursuivrai l’effort engagé de modernisation et de structuration de nos filières agricoles. Cet effort a été payant :

-Alors que la viticulture française était descendue à la 3ème ou 4ème place mondiale, elle a aujourd’hui retrouvé la première place mondiale en valeur.

-Alors que le secteur bovin était en crise depuis des années, les prix de la viande bovine remontent aujourd’hui grâce à la conquête de nouveaux marchés en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Europe de l’Est.

Au final, c’est un excédent commercial de près de 12 milliards d’euros que notre agriculture et nos industries agro-alimentaires affichent en 2011.

L’agriculture c’est un pilier de notre économie. Elle doit servir de modèle pour l’ensemble de l’économie française. En prise à des difficultés lourdes en 2009, elle a su comme à chaque fois retrousser ses manches et gagner en compétitivité. Je veux rendre hommage à nos agriculteurs, qui ont su sortir plus forts de la crise grâce à des efforts d’adaptation sans précédent. C’est la raison pour laquelle je prolongerai les plans de modernisation des filières que nous avons engagés depuis deux ans.

Ensemble, avec la loi de Modernisation de l’Economie et la loi de Modernisation de l’Agriculture et de la Pêche, nous avons jeté les bases d’un nouveau modèle agricole reposant sur la contractualisation, la transparence et l’assurance.

Nous avons également favorisé le développement des circuits courts, en modifiant le code des marchés publics afin de permettre un approvisionnement en produits locaux de qualité.

Ce nouveau modèle agricole repose, enfin, sur le choix déterminé de l’agriculture durable.

Nous avons mis en place le plan Ecophyto afin de réduire de 50% le recours aux produits phytosanitaires d’ici 2018. Trois ans après son lancement, le recours aux pesticides les plus dangereux a diminué de 87%.

Nous avons accompagné l’essor de l’agriculture biologique qui couvre désormais850 000 haet se poursuit au rythme de 15 conversions par jour. Le marché des produits alimentaires bio a progressé de 32% en deux ans et la restauration collective a triplé ses achats « bio » sur la même période.

Nous avons mis en place les plans de performance énergétique, destinés à réduire la dépendance énergétique de nos exploitations et encouragé la méthanisation afin de diversifier les sources de revenus de nos exploitants.

Une agriculture durable, c’est aussi une agriculture dont les terres sont préservées et dont les générations se renouvellent. Sans terre, pas d’agriculture. Sans agriculteurs, pas d’indépendance et pas de sécurité alimentaire.

Sans agriculteurs, sans paysans, la France ne serait plus la France.

Or chaque année, ce ne sont pas moins93 000 hectares de terres agricoles qui disparaissent soit l’équivalent d’un département tous les 10 ans.

J’ai donc fixé un objectif : réduire cette consommation de moitié d’ici 2020. C’est dans ce but que j’ai instauré une taxe sur la plus-value réalisée lors de la cession de terres agricoles. Le produit de cette taxe, j’ai choisi de le consacrer au financement de projets innovants portés par de jeunes agriculteurs.

10 000 jeunes agriculteurs s’installent chaque année en France, dont près des 2/3 bénéficient d’une aide de l’État. Dix ans après leur installation, près de 95 % d’entre eux sont toujours en activité, preuve du succès de cette politique.

C’est aussi pour éviter le gaspillage de la terre et optimiser l’occupation des terrains déjà construits que j’ai autorisé une augmentation du droit à construire de 30% sans condition.

Grâce à ces réformes de fond, grâce aux efforts des agriculteurs, nous avons placé l’agriculture française sur une trajectoire de réussite. Nous avons renouvelé le pacte qui lie agriculture et société.

Je sais aussi, que beaucoup d’entre vous, beaucoup de vos professions souffrent d’un sentiment d’étouffement règlementaire et d’une application trop souvent tatillonne de cette règlementation.

Je sais qu’il heurte votre esprit d’entreprise et même votre bon sens !

Les règles sont nécessaires, mais elles manquent leur objectif si elles en viennent à décourager l’initiative. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé qu’il fallait maintenant supprimer deux normes chaque fois que l’on en ajoutera une

La simplification est un impératif absolu.

Comment admettre, par exemple, devant à la récurrence d’épisodes de sécheresse de plus en plus violents, la complexité des règles qui encadrent la constitution des retenues d’eau ? Ces règles, nous sommes en train de les simplifier pour les retenues alimentées l’hiver. Dans les prochains jours, nous publierons un décret portant à350 000 m3le seuil d’autorisation des retenues alimentées en hiver. En dessous de ce seuil il n’y aura qu’une simple déclaration. C’est une première étape très importante.

Mais surtout ne nous imposons pas des règles que nos partenaires européens ne s’imposent pas !

C’est pourquoi nous allons procéder à une comparaison attentive entre les normes et les règles qui s’appliquent en France, aux exploitations agricoles, aux industries agroalimentaires, à celles qui s’appliquent dans les autres pays européens, de façon à aligner nos procédures et nos règles sur celles qui découlent strictement des textes communautaires.

La politique a fait son retour dans la construction européenne et avec nos partenaires nous imposerons à la technocratie bruxelloise un retour au sens des réalités.

Je pense notamment à la PAC. Alors que se multiplient les crises alimentaires, sanitaires et environnementales, nous avons plus que jamais besoin d’une PAC forte, assise sur des instruments de prévention et de gestion des crises plus efficaces, sur des aides directes re-légitimées et sur un budget à la hauteur de nos ambitions.

Ce budget, la France a obtenu sa préservation en euros courants alors que certains de nos partenaires voulaient le voir réduit de 30%. Je me battrai pour préserver cet acquis essentiel.

Pour conforter cette dynamique, nous devons à présent avancer sur plusieurs fronts.

Dans la voie de la convergence fiscale et sociale avec nos partenaires européens d’abord. Nous ne pouvons accepter qu’au sein même du marché unique, nos produits soient confrontés à des conditions de concurrence proches du dumping fiscal et social

Je défends la compétitivité de notre économie en proposant d’alléger les charges sur les salaires mais je ne peux pas accepter pour autant le nivellement par le bas des salaires européens.

Je veux ouvrir des travaux avec notre partenaire allemand sur l’harmonisation sociale européenne, à la suite de ceux qui ont été engagés en Allemagne sur le salaire minimum.

Sur la structuration des filières, je suis déterminé à obtenir de nos partenaires européens, dans le cadre de la négociation de la PAC, la modification du droit européen de la concurrence, nécessaire à un regroupement plus large de nos producteurs, afin de leur permettre de peser plus efficacement sur la négociation des prix.

C’est chose faîte pour la filière laitière grâce au « paquet lait » qui sera publié début avril. Il faut aller plus loin et couvrir d’autres filières.

Le droit de la concurrence tel qu’il existe aujourd’hui ne défend pas suffisamment le producteur. Nous devons pouvoir regrouper nos forces nationales et européennes face aux pays émergents. Je porterai une nouvelle conception du droit de la concurrence européen.

Nous devons également défendre sans naïveté ni complexe nos intérêts dans la mondialisation en conditionnant l’ouverture de notre marché à la réciprocité et au respect des mêmes normes de sécurité sanitaire et environnementale que celles que nous imposons à nos producteurs et industriels. Ce n’est pas du protectionnisme, c’est du bon sens.

Nous devons aussi imposer au niveau mondial, comme nous avons su le faire au niveau européen, le thème de l’agriculture. En 2050, l’agriculture devra nourrir 9 milliards d’êtres humains. Pour répondre à ce défi, il faudra à la fois accroître la production agricole de 70%, préserver le foncier agricole dans le monde et trouver des solutions agronomiques innovantes.

C’est la raison pour laquelle j’ai fait de l’agriculture et de la volatilité excessive des marchés agricoles un thème central de la Présidence française du G20. Pour la première fois, les principales puissances agricoles de la planète se sont entendues sur un plan d’action pour assurer une meilleure prévention et gestion des crises alimentaires.

Je veillerai à ce que ce plan adopté sous présidence française soit entièrement mis en œuvre.

Les campagnes françaises n’appartiennent pas au passé de la France mais à son avenir. Je ne laisserai tomber aucun territoire même le plus enclavé.

Je crois au développement des territoires ruraux, pas à leur maintien sous perfusion.

Je veux tenir un langage de la vérité aux Français. Sans céder à la facilité ou à la démagogie.

L’enjeu pour les territoires ruraux, c’est de retrouver les moyens d’assurer leur développement économique, pas de sauver tel ou tel guichet qui ne voyait plus passer grand monde.

C’est pourquoi nous avons mobilisé un demi-milliard d’euros pour soutenir 652 pôles d’excellence rurale à travers la France. Dans les zones de revitalisation rurale, le dispositif d’exonération fiscale prévu pour la création d’entreprises a été étendu à la reprise et à la transmission d’entreprises artisanales et nous avons maintenu l’exonération des charges sociales pour les organismes d’intérêt général. Ces deux mesures, c’est encore un demi-milliard d’euros pour la ruralité.

Cet effort considérable, nous allons le poursuivre car je veux faire le pari du développement endogène des territoires ruraux.

Ce développement passe bien sûr par le renforcement leur accessibilité. C’est pourquoi j’ai souhaité assurer la pérennité des Trains d’équilibre des Territoires, qui étaient menacées de disparition. Mais l’accessibilité des territoires ruraux c’est aussi l’internet très haut débit et la téléphonie mobile.

Sur le grand emprunt, 2 milliards d’euros sont consacrés à l’équipement numérique du territoire et sur cette somme, 900 millions d’euros sont affectés aux projets de raccordement des collectivités situées dans des zones délaissées par les opérateurs et les premiers projets viennent d’être financés. Internet est une chance historique pour les campagnes françaises de rompre définitivement avec l’isolement. Cette chance doit être à la portée de tous.

Au-delà de la question, fondamentale, du développement des territoires ruraux, je veux pouvoir répondre aux deux préoccupations principales de nos compatriotes qui ont fait le choix d’y vivre et d’y travailler : l’accès aux soins et aux services ainsi qu’à leur sécurité.

Là-aussi, je veux continuer d’apporter des solutions concrètes qui répondent vraiment à leurs problèmes. Est-il normal qu’un enfant qui vit en zone rurale doive attendre 6 mois, 8 mois avant d’avant d’obtenir une consultation chez un ophtalmologiste ? Pour un enfant qui a des problèmes de vue, cela peut être une année scolaire perdue.

Nous ne contraindrons jamais les médecins à s’installer, seule l’incitation est efficace : c’est le rôle des bourses allouées aux étudiants qui s’engagent à exercer leur activité en milieu rural pendant au moins 2 ans ; de la majoration d’honoraires de 10 % des médecins qui s’installent dans un secteur géographique sous-doté, ou encore des aides à l’installation. Nous avons aussi encouragé l’exercice collectif, avec les maisons pluridisciplinaires de santé  : 700 seront lancées d’ici la fin 2012 et je souhaite en porter le nombre à 1 500 sur le prochain quinquennat.

Cette politique commence à porter ses fruits. Il y a eu l’année dernière, plus d’installations de médecins en milieu rural, qu’il n’y a eu de départs.

En matière de services nous avons garanti avec La Poste, 17 000 points de contact avec le service postal dans les bureaux de poste, les mairies, les commerçants et buralistes. De même nous triplerons les relais de services publics dans les cantons ruraux.

Nous sommes en train d’inverser une tendance historique. C’est une victoire car les territoires ruraux doivent offrir, peut être sous une forme différente, les mêmes services qu’en milieu urbain.

C’est pourquoi je veux assurer la sécurité de tous les Français, partout sur le territoire. Je sais que c’est un sujet cher à Frédéric NIHOUS.

Chacun de nos concitoyens, qu’ils vivent à la ville ou à la campagne, a le même droit à la sécurité et à la tranquillité. Le monde rural a droit à une sécurité adaptée aux spécificités de ses territoires et de ses populations et je veux rendre hommage au travail et au dévouement des 3200 brigades de gendarmerie présentes dans toute la France.

Mais je veux en finir avec les cambriolages des commerces, des résidences principales et secondaires.

Se faire cambrioler, c’est parfois aussi traumatisant que de se faire agresser physiquement. On voit son intimité violée, au-delà du préjudice matériel que l’on subit. Les Cellules anti-cambriolage et le programme « Tranquillité vacances » seront renforcées. A cette fin, je souhaite que l’opération « voisin-vigilant » se poursuive à un rythme encore plus accéléré partout en France pour que demain 1000 communes soient couvertes par ce réseau de participation citoyenne. Je souhaite également que les commerçants soient intégrés dans un réseau « Tranquillité commerce » animé par un gendarme-référent avec lequel ils seront en contact régulier.

Mesdames et Messieurs, le travail, la compétitivité, la qualité, l’innovation, la simplification et l’attractivité, voilà comment je conçois la réussite de nos territoires. Voilà en quelques mots la vision que je souhaitais vous présenter aujourd’hui.

Je vous remercie de votre attention et suis prêt à répondre à vos questions.

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Les vendeurs de peau d’ours : Communiqué de Jérôme Peyrat, conseiller régional d’aquitaine, Maire de La Roque-Gageac, président de la fédération UMP de la Dordogne

Hier nous avions droit dans les colonnes de « Sud-Ouest » a un bel exercice d’autosatisfaction des proches du Président socialiste de la région Aquitaine et d’Alain Rousset lui-même. Long article nourri aux meilleurs sources où on nous laissait entendre tout en s’en défendant que « si jamais »…comprendre « si jamais Alain Rousset était appelé à d’autres fonctions, ministérielles par exemple, Bernard Uthurry pourrait le remplacer…». Photo des deux hommes à l’appui on nous expliquait que bien sûr « on s’est donné pour règle de ne pas en parler » et…on ne parle que de ça avec les journalistes. Bien-sûr François Hollande a demandé que l’on se consacre à l’élection présidentielle …et pourtant on fait un bilan en règle de l’action d’Alain Rousset. Subtile nuance, on laisse comprendre qu’Alain Rousset laisserait la région s’il était réélu député et donc en situation de cumul. La belle blague, voilà 5 ans qu’il cumule, comme Henri Emmanuelli député président du conseil général des Landes et comme leurs amis sénateurs Bernard Cazeau, Philippe Madrelle, Pierre Camani et Georges Labazée, présidents respectifs des conseils généraux de Dordogne, de Gironde, du Lot et Garonne et des Pyrénées Atlantiques.

Aujourd’hui dans une interview assumée c’est Germinal Peiro, le député sortant socialiste de la 4ème circonscription de la Dordogne qui nous explique que « François Hollande ne se consacre qu’à la campagne » et le député seulement à son travail législatif et à son mandat. Pourtant, sur quatre colonnes, l’essentiel des questions auxquelles il répond de bonne grâce porte sur la manière dont il s’occupe d’agriculture au Parti Socialiste et du passage annuel au salon de l’agriculture de François Hollande, mais aussi avant de Ségolène Royal et puis aussi de Martine Aubry et puis, on ne sait jamais, d’ Henri Emmanuelli autrefois, rappelle-t-il. Pendant ce temps-là son adversaire Nathalie Fontaliran travaille le terrain et fait campagne. Elle a déjà une longueur d’avance sur le ministre de salon de l’agriculture.

Ces princes de la communication font la même erreur que leur monarque auto-proclamé François Hollande : ils s’y voient déjà ! c’est un boulot éreintant futur-ex-futur-ministre ! C’est beaucoup de communication et pas beaucoup d’autre chose. L’apprentissage est long et c’est vrai que ça laisse pas trop le temps de s’occuper de ses électeurs ni de proposer un vrai programme et des idées pour la campagne. Mais c’est une formation qui peut avoir un débouché : vendeur de peau d’ours !

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DISCOURS DE M. LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE Réception en l’honneur des services engagés lors des opérations de police de Toulouse

Palais de l’Elysée – Mardi 27 mars 2012

Messieurs les Ministres,
Mesdames, Messieurs,

La France vient de traverser une épreuve terrible.
Un terroriste implacable a semé la mort sur son passage pendant huit jours.
Huit jours de trop, et surtout sept morts de trop.
Ses victimes ont été ciblées avec un soin diabolique ; il voulait tuer des enfants, il voulait tuer des soldats.
Les soldats parce qu’ils avaient choisi de défendre la République,
Les enfants parce qu’ils étaient Juifs, tout comme ce père abattu avec eux.

Des enfants, des soldats, la République.
Voilà ce que ce monstre froid a voulu toucher à bout portant.

Pendant ces quelques jours, la France a été la cible d’une véritable attaque terroriste.
Pendant ces quelques jours, la France a retenu son souffle.
Pendant ces quelques jours, la France a été admirable.

Elle aurait pu céder à la panique, à l’amalgame, à la violence.

Quel pays n’aurait pas été profondément déstabilisé par une tuerie d’une cruauté sans borne ?

Comment ne pas crier vengeance devant trois petits cercueils d’enfants ?
Comment ne pas crier vengeance devant la douleur insondable d’une mère qui a vu son mari et ses deux enfants être assassinés en quelques secondes ?
Et comment ne pas crier vengeance devant des cercueils drapés de nos couleurs ?

La France, au contraire, a tenu, elle n’a pas réclamé vengeance, elle est restée unie et rassemblée.
On dit beaucoup de choses de notre pays, mais lorsque le malheur frappe, la France, ce vieux pays forgé par les épreuves, sait faire taire ses querelles pour faire face.
La France a été digne. La France a été forte.

Si les Français sont restés calmes dans une période aussi angoissante, alors que le danger pouvait être partout et la mort surgir de nulle part, c’est qu’ils savaient pouvoir faire confiance aux forces qui sont chargées de veiller sur eux.

Les Français ne connaissent ni le nom, ni le visage de la plupart d’entre vous, mais ils ont une parfaite conscience du rôle que vous jouez. Ils savent que vous veillez sur leur sécurité autant qu’à la sauvegarde de la République.

Si je vous ai réunis ce matin à l’Élysée, c’est pour vous dire que vous avez été, collectivement, à la hauteur de la confiance de nos compatriotes.

C’est donc au nom des Français que je tiens à vous dire mon estime et la reconnaissance de toute la Nation.

J’ai dit à Claude GUÉANT que la République s’honorait d’un serviteur tel que lui.

Je vous dis, ce matin, que la République s’honore de votre comportement.

L’assassin a été identifié moins de dix jours après son premier meurtre. Souvenons-nous qu’en d’autres temps, sous d’autres gouvernements, il a fallu plus de quatre ans pour ne jamais parvenir à arrêter l’assassin d’un préfet de la République, lui aussi abattu à bout portant.

J’ai déjà eu l’occasion de le dire, pour les victimes, pour leurs familles, ce sont huit jours de trop, sept morts de trop, mais le matin même du jour où il a été encerclé, le tueur avait planifié d’autres crimes, d’autres meurtres. Il voulait tuer plus, plus encore. Tuer pour mettre la France à genoux, a-t-il dit.

La France n’a pas été mise à genoux et, grâce à votre travail, elle a tenu tête.

Je veux féliciter les magistrats qui ont dirigé l’enquête, et saluer le professionnalisme de François MOLINS et Michel VALET.

Je veux féliciter les services de police qui, sous l’autorité de Frédéric PÉCHENARD, Christian LOTHION et Bernard SQUARCINI, ont participé à l’enquête et leur dire combien j’ai apprécié que la direction de la police nationale, la direction centrale de la police judiciaire, la sous-direction de la lutte anti-terroriste et la direction centrale du renseignement intérieur aient mobilisé toutes leurs forces et travaillé en étroite collaboration.

Je veux évidemment remercier les membres du Raid qui ont été d’un courage formidable et saluer la parfaite maîtrise d’Amaury DE HAUTECLOQUE, leur patron, qui a tout fait pour essayer de s’emparer de ce terroriste vivant mais qui n’a jamais pris le risque d’exposer la vie de ses hommes.

Toute vie est trop précieuse pour la risquer dans une mission impossible. En refusant de se rendre après de longues négociations et en tirant à l’arme de guerre sur les hommes du Raid, le tueur savait ce qu’il faisait.

Quatre hommes ont été blessés. Ils sont tous présents, parmi nous. Je veux les remercier pour leur courage, je dirais leur héroïsme. Je veux remercier leurs proches pour le soutien qu’ils leur apportent.

Les opérations de Toulouse étaient à peine terminées que certains allumaient déjà la mèche de polémiques honteuses.

La France était encore glacée d’effroi par la cruauté de ces crimes que certains décidaient de courir les plateaux et de battre les estrades pour dénoncer le travail des forces de l’ordre.

La critique est indissociable du bon fonctionnement de notre démocratie.

La remise en cause permanente et systématique de toute autorité est devenue une constante. Certains croient se grandir en abaissant tous ceux qui attachent au mot « devoir » plus de valeur qu’au mot « dérision ».

Lorsque j’ai appris qu’une manifestation de femmes voilées avait été organisée pour protester contre la mort d’un tueur, j’ai donné des instructions pour qu’elle soit immédiatement dispersée. Nous ne tolèrerons pas sur le territoire de la République de tels agissements.

Et c’est avec indignation que j’ai appris que le père de l’assassin de sept personnes, dont trois soldats et trois enfants, voulait porter plainte contre la France pour la mort de son fils. Faut-il rappeler à cet homme que son fils avait filmé ses crimes et pris le soin diabolique de faire parvenir ces images ignobles à une chaîne de télévision ?

Je demande aux responsables de toutes les chaînes de télévision qui auraient ces images en leur possession de ne les diffuser sous aucun prétexte. Par respect pour les victimes et par respect pour la République. Ces mises en cause de notre pays sont indécentes, elles sont indignes et elles ne resteront pas sans conséquence.

Je ne laisserai pas porter atteinte à l’honneur de ceux qui ont mis un tueur hors d’état de nuire. Je ne laisserai pas porter atteinte à l’honneur de la France.

Je soutiens et j’assume la totalité des décisions qui ont été prises au cours de cette affaire, tant par l’autorité judiciaire que par les services des ministères de l’Intérieur et de la Défense – Gérard LONGUET.

Il est toujours facile de donner des leçons. Mais lorsque l’on doit regarder la mort en face, la sienne, ou celle des autres, il en va tout autrement.

Ceux qui sont présents aujourd’hui connaissent le poids de cette responsabilité. Les autres ne font qu’en entendre parler. C’est une immense différence.

Je laisse les polémiques à leurs auteurs et ces mêmes auteurs à leurs contradictions.
Pour l’heure, il faut agir.
Nous avons agi pour mettre un terme à la trajectoire sanglante d’un tueur.
Nous devons agir pour que ce parcours reste un drame isolé.
Nous devons tirer toutes les conséquences d’une trajectoire qui, à un moment donné, permet à un petit délinquant de banlieue de basculer sans étape vers le terrorisme radical.

C’est dans ce but qu’avec le Premier ministre nous avons pris les décisions suivantes :

- Permettre aux enquêteurs et à la justice d’enquêter avec les moyens procéduraux de la lutte anti-terroriste sur les sites d’appel au djihad.

- Créer un délit de consultation habituelle de sites Internet qui font l’apologie d’actes de terrorisme et qui peuvent aider à les commettre.

- Nous allons aussi faire accélérer les procédures d’expulsion pour motif d’ordre public. Les extrémistes jouent de notre formalisme administratif. Notre devoir est d’être plus efficaces.

C’est pour cette raison que je suis intervenu directement pour que des prédicateurs qui prennent notre système de valeurs pour cible permanente restent chez eux. Nous n’en voulons pas sur le territoire de la République française.

C’est pour cette raison – je le dis ici avec la plus grande fermeté – que tous ceux qui ont tenu des propos infmants contre la France ou contre les valeurs de la République ne seront pas autorisés à entrer dans notre pays. La France n’a pas vocation à accueillir ceux qui profanent ses valeurs fondamentales.

Par ailleurs, avec le Premier ministre, nous avons demandé au Garde des Sceaux de conduire une réflexion urgente et approfondie pour lutter contre la propagation des idéologies extrémistes en prison. Les prisons sont là pour protéger les citoyens des éléments les plus dangereux de la société. Elles ne doivent pas devenir le terreau fertile de l’extrémisme.

Enfin, j’ai demandé à la DCRI, en lien avec la DGSE, de vérifier de façon approfondie la situation sur notre territoire de toute personne signalée comme représentant un risque potentiel pour la sécurité nationale.

La République française repose sur un socle sacré : la liberté.
Si cette liberté est menacée la République doit pouvoir se défendre, dans le respect des lois et de nos principes fondamentaux, mais avec efficacité.

Pour cela, elle a besoin de vous.

De votre respect des règles et des procédures, comme de votre détermination sans faille.

Je sais pouvoir compter sur les deux et, au nom de la Nation tout entière, je tenais à vous en remercier.
Vous êtes des femmes et des hommes qui font honneur à la France. Soyez certains que ce que je dis, 65 millions de Français le pensent. N’écoutez pas les polémiques. Vous avez fait votre devoir, vous pouvez être fiers de ce devoir.

Vive la République.
Vive la France.

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Allocution prononcée à Toulouse par le président Nicolas Sarkozy

Allocution prononcée à Toulouse par le président Nicolas Sarkozy, lundi à la mi-journée, quelques heures après une fusillade qui a fait quatre morts dont trois enfants devant un établissement scolaire juif:

“Cette tragédie bouleverse toute la communauté nationale. J’ai demandé au ministre de l’Education nationale que demain soit organisée une minute de silence dans toutes les écoles à la mémoire de ces enfants martyrisés.
Le ministre de l’Intérieur restera le temps qu’il faut à Toulouse où des renforts vont arriver dans la journée.
(…) Nous ne savons pas qui est ce tueur, les liens exacts avec le drame qui a touché la communauté militaire, avec des jeunes soldats dont un Antillais, deux soldats de confession musulmane, Montauban et Toulouse déjà frappées. Nous sommes interpellés par la similitude du mode opératoire dans le drame d’aujourd’hui et dans ceux de la semaine dernière même s’il faut attendre d’avoir des éléments plus précis de la police scientifique pour confirmer cette hypothèse.
En tout état de cause, la prudence est la règle. Les écoles de confession juive, les écoles de confession musulmane, à Toulouse et dans la région, feront l’objet d’une surveillance très attentive, les lieux de culte feront l’objet d’une surveillance très attentive et les militaires ont reçu des consignes de prudence.
Mesdames et Messieurs, c’est un drame, c’est une tragédie. Tout doit être mis en oeuvre pour que le tueur soit arrêté et ait à rendre compte de ses crimes pour qu’il n’y ait pas d’autres victimes.
Mais en même temps, nos écoles doivent continuer à fonctionner, nos compatriotes qui veulent pratiquer à la synagogue, dans les mosquées, dans les églises doivent pouvoir continuer à le faire.
Nous ne devons pas céder face à la terreur. Et bien sûr, nos pensées vont à ces familles brisées, à cette mère qui, en ce moment-même, a perdu deux de ses enfants et son mari dans une même journée. A ce directeur d’école qui a vu mourir sa petite fille sous ses yeux.
La barbarie, la sauvagerie, la cruauté ne peuvent pas gagner. La haine ne peut pas gagner. La République est beaucoup plus forte que tout cela, beaucoup plus forte.
Donc, j’appelle chacun de vous bien sûr au recueillement, à la douleur, à la solidarité avec les victimes, au calme et à la confiance dans les institutions de la République pour retrouver celui qui a fait cela. On va le retrouver (…).
Je veux dire aussi au président du Consistoire, au président du Crif, que ce soit Joël Mergui ou Richard Prasquier (…), et à toutes les autorités des communautés juives de Toulouse et de sa région combien nous nous sentons tous proches d’eux.
Cet assassinat ne concerne pas que la communauté juive, toute la communauté nationale est bouleversée et est à vos côtés. Croyez-le, soyez-en certains.
Et demain dans toutes les écoles de France, on aura une minute de silence à la mémoire des enfants de cette école. Ce sont nos enfants, ce ne sont pas simplement vos enfants, ce sont les nôtres. Et sur le territoire de la République, on n’assassine pas des enfants comme ça sans avoir à en rendre compte.
Et (que) celui qui a fait ça sache que tout, absolument tout, sera mis en oeuvre pour le retrouver et pour qu’il ait à rendre des comptes.
Je vous remercie et je vous dis combien j’aurais préféré venir ici, Monsieur le maire, à Toulouse dans d’autres circonstances. Ce sont des images que l’on avait vues dans d’autres pays et qu’on n’avait jamais vues dans le nôtre. On n’a pas d’autre choix que d’affronter. Affronter, résister. Je vous remercie.” Nicolas Sarkozy

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